La traduction du chinois

Le chinois est une des langues les plus parlées au monde, on compte près d’un milliard de locuteurs dans le monde entier. Ce qui rend le chinois complexe, c’est sa tonalité. C’est-à-dire que la manière de prononcer un mot est très importante si l’on veut se faire comprendre. Si un mot est mal prononcé, tout le sens du discours peut changer. Ce qui complique la langue chinoise, c’est aussi sans aucun doute son écriture et son manque d’alphabétisation.

Une langue inconnue

Le chinois s’écrit à l’aide de caractères que l’on appelle aussi des sinogrammes, chaque syllabe correspondant à un caractère. Un traducteur chinois, doit bien connaître les caractères, et il est très probable qu’il rencontre un jour des sinogrammes qu’il ne connaît pas. En effet, certains dictionnaires en recensent plus de 80 000, tandis qu’un Chinois moyen en connaît entre 3000 et 5000.

Les différents dialectes

Les différents dialectes au sein de la Chine imposent une pression supplémentaire à la traduction. On en dénombre 8 différents. Les plus connus sont le Cantonais, que l’on trouve particulièrement dans le sud de la Chine ainsi qu’à Hong Kong et Macao, et le Shanghaïen, que l’on trouve dans l’agglomération de Shanghai. Il est important pour un traducteur de parler et écrire un mandarin standard aussi appeler le « putonghua » où il pourra se faire comprendre globalement partout en Chine. Seule une personne parlant uniquement son dialecte local ne se fera pas comprendre partout. Par exemple, à la différence du chinois classique qui comporte 4 tons différents, le Cantonais en comporte 9. En chinois classique « bonjour » va se prononcer « Ni Hao », en cantonais « Nei Hao », et pourtant « bonjour » va s’écrire de la même manière « 你好 ».

Aujourd’hui, très peu de Chinois parlent un dialecte localisé, à part quelques personnes âgées. Certains dialectes sont mêmes en voie de disparition. Les dialectes peuvent correspondre aux langues les plus parlées d’une région, par exemple, à Taïwan, la langue officielle est le mandarin alors que la langue la plus parlée est le taïwanais.

Une langue difficile à traduire

Le chinois est une langue difficile à traduire pour un Français et inversement dans le sens où les phrases chinoises sont globalement plus courtes et plus brèves que les phrases françaises.

Alors que l’on pourrait penser que le chinois est une langue très dure au niveau de sa syntaxe et de sa grammaire, ce n’est pas forcément le cas. Lorsqu’un Français va utiliser différents temps de verbes pour parler d’un fait ou d’une action, le Chinois lui ne change pas les temps. Il va simplement indiquer quand s’est déroulée l’action en ajoutant « l’année dernière » ou « dans 2 jours ». Par exemple :

« J’ai acheté des vêtements » = « 昨天我买衣服 » (Hier – Je – Acheter – Vêtement).

Ici, le Chinois explique l’action en ajoutant quand l’action s’est déroulée. Et c’est le même fonctionnement pour tous les temps. C’est ce qui rend les phrases chinoises plus courtes et plus facile à créer.

Le chinois traditionnel

Le chinois est l’une des plus vieilles langues du monde, et la plus ancienne version est le chinois traditionnel. Il a été utilisé pendant des milliers d’années, de génération en génération. Il est dit que les premiers caractères seraient apparus pendant la dynastie des Han, en – 200 avant J-C. Le chinois traditionnel correspond à la plus ancienne écriture des caractères. La prononciation, quant à elle, ne change pas.

Il est très reconnaissable car les caractères possèdent beaucoup de traits et de courbes. Il consistait parfois à dessiner le mot, par exemple pour le mot lune, il suffisait de dessiner une lune. C’est pour moderniser ces sinogrammes qu’une simplification a eu lieu mais il existe toujours des endroits où le chinois traditionnel est plus écrit comme à Taïwan, Hong Kong et Macao.

Le Chinois simplifié

Pendant l’occidentalisation de la Chine, le gouvernement a décidé de revoir ses caractères et de les simplifier. Son but était de lutter contre l’illettrisme, et de créer un alphabet à base de lettres latines, appelé le « Hanyu Pinyin ». Le sens des mots et la prononciation sont les mêmes mais les caractères ont moins de traits. À ce jour, on dénombre environ 2230 caractères simplifiés.

Vers les années 60, le gouvernement a décidé de rendre le « pinyin » écriture nationale du pays. Ceci provoqua la réticence de la population qui avait l’impression de perdre son identité. Ce projet a donc été annulé.

Aujourd’hui le « pinyin » est globalement utilisé pour l’apprentissage du chinois et pour la saisie des sinogrammes particulièrement sur des appareils informatiques.

Ainsi, dans certaines régions de Chine, on peut encore trouver des personnes écrivant certains mots avec leur ancienne écriture traditionnelle.

Voici quelques exemples de caractères simplifiés, en noir le caractère traditionnel et en rose sa simplification de chinoistips.com.

 

 

Ici le verbe « écouter », « entendre »

Ici le verbe « parler »

 

 

Comme on peut le voir sur ces exemples, il y a beaucoup moins de traits sur ces caractères. Pour un traducteur, à l’écrit il est plus simple d’apprendre les caractères simplifiés car pour certains mots, quelques clés restent les mêmes. Par exemple, comme on le voit ci-dessus pour le verbe parler, il y a une forme qui reste la même, c’est ce qu’on appelle une clé. C’est donc plus facile en connaissant les caractères simplifiés de deviner ce que veut dire le caractère traditionnel. Tandis qu’à l’oral il n’y a pas de distinction entre les caractères simplifiés et les caractères traditionnels. Il suffit juste de bien prononcer.